Guerre dans l’Est : Le porte-parole du M23 éliminé par un drone, la coalition régionale se déploie à Uvira
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L’étau se resserre sur la rébellion du M23 dans l’est de la République démocratique du Congo. Alors que les milices progouvernementales Wazalendo grignotent du stratégiques de Rubaya, le bras armé de l’Alliance fleuve Congo (AFC) vient de perdre l’une de ses figures les plus médiatiques.
C’est un coup dur porté à la communication de la rébellion. Willy Ngoma, porte-parole du Mouvement du 23 mars (M23) et haut responsable de sa branche militaire, a été tué dans une frappe de drone dans l’est de la RDC. L’information, rapportée par l’agence Reuters citant un haut diplomate, marque une escalade significative dans la guerre technologique que se livrent les belligérants.
Créé en 2012 par d’anciens officiers du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) mécontents de l’application des accords de paix du 23 mars 2009, le M23 a repris les armes fin 2021. Aujourd’hui, Kinshasa accuse sans détour Kigali de parrainer ce groupe tutsi, qui contrôle plus d’une centaine de localités dans le Nord-Kivu.
L’Onu et la région s’activent pour la paix
Alors que les balles continuent de siffler, la machine diplomatique s’emballe. La MONUSCO et la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) ont annoncé le déploiement imminent d’un groupe opérationnel conjoint à Uvira. Objectif : préparer le terrain pour un mécanisme crédible de surveillance du cessez-le-feu.
Ce déploiement, convenu avec le président Félix Tshisekedi, sera effectif d’ici au 27 février », indique un communiqué conjoint. Il vise à poser les bases d’une vérification "sûre et rapide" du cessez-le-feu, conformément à une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU et à l’accord de Doha signé en octobre 2025 entre les délégations congolaises et les rebelles. Une initiative qui montre que, malgré les armes, la voie diplomatique – bien que fragile – reste sur la table.
Ruée vers le coltan : les Wazalendo aux portes de Rubaya
Sur le terrain, les rapports de force évoluent. Selon le site Actualité, les milices Wazalendo, ces combattants patriotes fidèles au gouvernement, mènent une offensive fulgurante. Après avoir repris Kasenyi, Chugi et Kinigi, elles sont désormais aux portes de Rubaya, une cité minière stratégique du Nord-Kivu.
Les combats font rage pour le contrôle des villages de Runigi, Kabara, Kiruli et Kanyalu, situés à quelques kilomètres seulement de la ville. Une avancée qui provoque un exode massif : la population locale fuit, craignant que Rubaya ne devienne un champ de bataille urbain.
L’enjeu de cette bataille est autant militaire qu’économique. Rubaya surplombe les plus grandes mines de colombite-tantalite (coltan) de la région, une ressource cruciale pour l’industrie technologique mondiale. Actuellement sous contrôle du M23, ces gisements sont également au cœur des ambitions de Kinshasa, qui a récemment proposé leur exploitation conjointe aux États-Unis. Perdre Rubaya serait un désastre logistique et financier pour la rébellion, tandis que sa reprise offrirait à Kinshasa une monnaie d’échange géopolitique de taille.