🛑SOCIÉTÉ - YAOUNDÉ : GUERRE OUVERTE, ENTRE CÉLESTINE KETCHA COURTÈS ET LUC MESSI ATANGANA. LE SABOTAGE D'UNE VISITE PAPALE AU CŒUR DU SCANDALE ?
Le Cameroun retient son souffle, mais à Yaoundé, l’air est devenu irrespirable entre les murs de l’Hôtel de Ville. À seulement troisdu Pape Léon XIV, ce qui devait être une union sacrée pour l’image de la nation s’est transformé en un champ de bataille institutionnel. Le duel qui oppose Célestine Ketcha Courtès, ministre de l’Habitat et du Développement Urbain, à Luc Bienvenu Messi Atangana, maire de la ville de Yaoundé, vient de franchir le rubicon de l’affrontement physique et de la séquestration présumée, des vidéos devenues virales sur les réseaux sociaux révèlent des heurts entre forces de l'ordre et travailleurs, ainsi qu'une tentative de « séquestration » visant la ministre de l'Habitat. Tout commence par une urgence de souveraineté. L’axe routier reliant les Feux du Marché Madagascar à l’entrée de la Cité Verte est une étape incontournable du cortège papal prévu le 15 avril prochain. Or, ce tronçon est aujourd’hui un symbole de décrépitude. L’entreprise initialement choisie par la mairie a jeté l’éponge, invoquant une faillite financière. Devant le péril diplomatique et l’humiliation internationale qui guette le pays, le ministère de l’Habitat a décidé de reprendre la main en mobilisant en urgence une entreprise citoyenne prête à travailler sans avance de fonds pour sauver l'image du Cameroun.
Pourtant, au lieu d’une collaboration, c’est une véritable opération de sabotage qui semble s’être mise en place. Le maire de la ville, Luc Bienvenu Messi Atangana, a choisi la voie de la confrontation en accordant un délai supplémentaire de deux mois à l’entreprise défaillante, alors que le Souverain Pontife foule le sol camerounais dans quinze jours. Comment justifier une telle prolongation face à une échéance si courte, si ce n’est par une volonté délibérée d'entraver l'action gouvernementale ? L’escalade a atteint son paroxysme ce vendredi 20 mars 2026. Sur instruction de la mairie, les ouvriers envoyés par le ministère pour réhabiliter la route en urgence ont été violemment interpellés par la police municipale, avant d'être conduits et détenus dans les cellules de la Communauté Urbaine de Yaoundé (CUY). Mise devant le fait accompli, la ministre Célestine Ketcha Courtès s'est rendue sur les lieux pour exiger leur libération. Ce qui s'en suit relève du surréalisme : une représentante du gouvernement aurait fait l'objet d'une tentative de séquestration au sein même de l'Hôtel de Ville, l'obligeant à forcer des passages pour libérer les travailleurs retenus.
La réaction du sérail ne s'est pas fait attendre. Cathy Meba, conseillère régionale du Sud et nièce du Président de la République, a publiquement fustigé l'attitude du maire sur ses réseaux sociaux. Son diagnostic est cinglant : elle parle de "sorcellerie" politique. Pour elle, comme pour de nombreux observateurs, enfermer des employés qui se sacrifient pour achever une route papale en un temps record est un acte de haute trahison envers les intérêts de l'État. Le constat est aujourd'hui alarmant. Alors que les engins devraient vrombir jour et nuit pour lisser le bitume sous les pieds de Léon XIV, le chantier est à l'arrêt, otage d'une guerre d'ego et de prérogatives. Le maire de Yaoundé, en s'opposant frontalement à la hiérarchie gouvernementale et en paralysant des travaux d'intérêt national, joue un jeu dangereux qui dépasse les simples limites de la décentralisation. À moins d'un mois de l'événement, l'image du Cameroun vacille. Le pays de Paul Biya saura-t-il siffler la fin de cette récréation tragique pour offrir au Pape un accueil digne, ou le monde entier sera-t-il témoin d'une capitale désunie, incapable de goudronner ses artères par pur calcul politique ? La question reste entière, mais le temps, lui, ne s'arrête pas.
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