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Les pays qui auraient le plus à perdre de la dissolution de l’UE auraient à affronter un ajustement fiscal non négligeable. Mais, si nous divisons entre dépenses et revenus, même les cas les plus graves – Lettonie et Croatie – arrivent à seulement 3 à 3,2 % de compensation sur chaque aspect du budget. Et, comme aucun de ces pays n’aurait plus à supporter les rigueurs fiscales imposées par l’UE et bénéficierait de la libération générale des règles et réglementations de l’UE, qui étouffent la liberté du commerce et des marchés, l’arrêt des fonds de l’UE et des contributions à l’UE représenterait un problème fiscal marginal même pour les 10 premiers pays de la liste présentée dans le tableau.
Globalement, si l’UE se dissolvait demain, les États membres s’en porteraient significativement mieux du point de vue des finances publiques. Et la récupération de la capacité de faire des politiques sans regarder constamment par-dessus l’épaule vers Bruxelles contribuerait majoritairement au renouvellement du dynamisme économique. Ce qui, à son tour, générerait de la croissance, réduirait le déséquilibre fiscal et renforcerait les économies des États membres – surtout celles qui, en ce moment, dépendent le plus de l’UE.
Il y a cependant un éléphant dans la pièce, et il n’a pas été mentionné jusqu’à présent : la monnaie euro. L’euro survivrait-il ou non à la dissolution de l’UE ? La réponse à cette question n’est pas du tout claire, et le problème est trop complexe pour être traité en quelques mots. Il faudrait une incursion profonde dans la littérature académique sur des sujets comme la « zone monétaire optimale » et la théorie des banques centrales.
Mais, cela étant dit, l’analyse présentée ici reste valable, indépendamment du fait que l’euro survivrait ou non à la disparition de l’UE. La question est quelles autres conséquences supplémentaires – bonnes ou mauvaises – subiraient les pays membres si l’euro se dissolvait aussi et que chacun revenait à sa monnaie nationale.
• L’Europe survivrait-elle sans euro ?
par Sven R. Larson, The European Conservative, 12 décembre 2025
L’idée d’une unique monnaie pour toute l’Europe est ancienne, mais elle a commencé à prendre forme dans les années quatre-vingt. Au fur et à mesure que les Communautés européennes ont été formellement remplacées par l’Union européenne dans les années quatre-vingt-dix, la monnaie commune est devenue aussi une réalité. Émise pour la première fois au passage entre les millénaires, l’euro est une réalité monétaire depuis un quart de siècle.
Entre-temps, l’union monétaire s’est étendue et ajoute de nouveaux membres – la Croatie est devenue pays euro en 2023 ; suit la Bulgarie en janvier 2026 – ainsi analyser si l’Europe ferait face à la dissolution de cette union monétaire peut sembler un effort périphérique, si ce n’est une perte totale de temps. Après tout, s’il existe encore des pays qui veulent devenir membres de l’union monétaire, quel sens a-t-il de se demander ce qui se passerait si celle-ci se dissolvait ?
Mais la question sur l’avenir de la monnaie euro est motivée, d’une part, par le fait que les performances économiques de l’Europe sont perpétuellement mauvaises, alors que, dans les années quatre-vingt-dix, la monnaie commune leur avait été présentée comme facteur catalisateur de la croissance et de la prospérité.
D’autre part, la question « et si l’euro n’existait plus » naît de ce commentaire audacieux d’Elon Musk, qui suggérait récemment sur X que l’Union européenne devrait se dissoudre.
J’ai donc décidé, comme expérience intellectuelle, de prendre pour bonne la suggestion de Musk et d’examiner les conséquences de la dissolution de l’UE, en me concentrant exclusivement sur la dimension économique ; je suis arrivé à la conclusion que, si l’UE disparaissait demain, l’Europe aurait un avenir économique meilleur que si elle restait sous le poing lourd de la bureaucratie de Bruxelles [voir le premier article de Larson. 🔽